Où l'on tâchera de vous faire oublier l'itinéraire mappy au profit de l'itinéraire bis. Suggestions bienvenues.
dimanche 30 décembre 2012
Le fruit défendu
_ le lucuma à la chair sèche et moelleuse
_ le camu camu
_ le maïs noir, qui fait la fierté des péruviens et donne la chicha mora morada
_ le mini avocat (un peu amer?)
De tous ces fruits, je n'ai que de bonnes et belles choses à dire, ils sont délicieux et font découvrir aux papilles des univers nouveaux, leur permettant de voyager avec tout l'esprit et le corps.
Et puis il y a aussi les fruits qu'on connaît en Europe, mais qui sont très bons au Pérou:
_ le chrimoya à la douce saveur de poire
_ l'amour en cage
_ la mangue
_ la figue
_ la banane
_ la grenade
_ la papaye
_ le fruit de la passion ou maracuya
Bref, pour les amateurs de fruits, le Pérou offre un terrain passionnant.
Forte de cette certitude, un matin, je me rendis d'un pas assuré au marché, et comme d'habitude, je fis une pause au milieu de mes courses pour consommer une boisson à base de fruits ou de céréales. Les stands en proposant étaient légion, et j'avais toujours beaucoup de mal à choisir.
Je m'arrêtai finalement à celui qui proposait les boissons les plus sérieuses: pour les reins, le foie, la prostate, et tous les petits problèmes du quotidien, et lui demandai très sereinement un jus de noni.
Le vendeur n'en n'avait pas en stock, il partit immédiatement en chercher chez un voisin. Il revint quelques minutes plus tard avec un grand verre rempli à ras-bord d'un liquide épais et blanchâtre dans lequel je trempai les lèvres avec confiance.
Une tempête de toutes les saveurs les plus infectes envahit instantanément mon palais, et je jetai au vendeur un regard désemparé d'animal trahi. Goguenard, il me montra une carafe et m'annonça que quand j'aurai fini mon verre, il aurait de quoi me le re-remplir. En effet, une (excellente) coutume veut qu'au Pérou, lorsqu'on consomme une boisson dans la rue ou au marché, on vous resserve automatiquement un demi-verre ou un verre entier quand vous avez terminé le premier. En l’occurrence, cette nouvelle me désespéra.
Prenant mon courage à deux mains, je re-trempai les lèvres dans mon verre et avalai une gorgée. Imaginez un mélange de vomi, de moisi, de pourri, de vinaigre, de lait tourné, de chaussette longuement infusée, d'eau de flaque en ville, de liquide vaisselle, le tout légèrement fermenté, et donc piquant, et vous aurez une petite idée de la délicate saveur de ce fruit.
Après quelques tentative et le bel exploit de faire visiblement baisser le niveau d'un demi-doigt, je profitai que mon serveur ait le regard tourné, déposai mon verre et une pièce sur le comptoir et filai, penaude.
Le noni, mes enfants, c'est tellement infecte qu'il faudrait qu'on m'annonce que ça apporte la vie éternelle pour que j'accepte de reconsidérer la perspective d'en re-boire une gorgée! Et encore...
jeudi 24 mai 2012
Les cantines d'Arequipa
| Le menu d'aujourd'hui: 2 soupes, 2 entrées, et 10 plats. On devrait tous y trouver notre bonheur (surtout s'il y avait plus souvent au moins un plat sans viande!!) |
| Le comedor juste avant l'arrivé de la foule! |
| Entrée: papas a la hancaina (une de mes entrées préférées ici!!) |
Avec une touche d'épices, de bruit, et un bouquet de malentendus entre les serveurs et nous, manger dans les cantines du quartier est vite devenu une habitude dont il nous coûtera de nous défaire une fois quittée "la ville blanche".
| A volonté: sauce piquante, sauce douce, citrons verts... |
dimanche 10 octobre 2010
Le gâteau de tomates vertes
Alors là, attention, je me fous pas de votre gueule!
Jusqu'à présent, je vous ai proposé des recettes plutôt simples et pas trop bouleversantes, rien qui ne vous prépare à celle qui va suivre!
Au Québec, ils en ont tellement des tomates vertes à la fin de l'été qu'ils ne savent plus quoi en faire, c'est pourquoi ils ont inventé la recette du
Tadadadadadadam .... Gâteau aux tomates vertes!! tadam!!! (bon, d'accord, je l'avais déjà dit dans le titre, mais c'est pas une raison pour ne pas s'esbaudir un peu, merde!)
Pour 20 personnes (ou pour 3 personnes qui ont très faim):
Recette avec l'accent, tabarnouche!:
Ingrédients:
_ 2 tasses (500 ml) tomates, vertes
_ 1 1/2 tasse (375 ml) sucre
_ 3 tasses (750 ml) farine tout-usage
_ 1/2 tasse (125 ml) cerises au marasquin (moi je n'en n'avais pas, alors j'ai mis des caneberges séchées avec de l'amarretto.
_ 1/2 tasse (125 ml) raisins secs
_ 1 tasse (250 ml) huile végétale (à mon avis, avec du beurre ça ne doit pas être mal non plus).
_ 1 1/4 c.à thé (6 ml) bicarbonate de soude (ouais, mais vraiment pas plus, sinon c'est plus un gâteau, c'est du Coca!)
_ 2 c.à thé (10 ml) poudre à pâte (un sachet de levure chimique)
_ 1/4 c.à thé (1 ml) sel
_ 3 œufs
_ 1 c.à thé (5 ml) essence de vanille
Glaçage :
_ 1 paquet (250 g) fromage à la crème (j'ai pas trop compris ce que c'est, ça, en fait...)
_ 1/2 tasse (125 ml) beurre
_ 2 tasses (500 ml) sucre à glacer
_ 1 c.à thé (5 ml) essence de vanille
Étapes
Préchauffer le four à 350°F (180°C).
Dans un grand bol, bien mélanger ensemble l'huile, le sucre, les œufs et l'essence de vanille.
Hacher finement les tomates vertes et les cerises au marasquin. Mélanger à l'aide d'une cuillère en bois et incorporer les raisins secs.
Dans un autre bol, mélanger la farine, le bicarbonate de soude,la poudre à pâte et le sel. Ajouter ce mélange au premier et mélanger de nouveau.
Verser la pâte dans un moule couronne antiadhésif de 4 tasses (1 L).
Cuire le gâteau de 45 à 60 min ou jusqu'à ce qu'un cure-dent inséré en ressorte propre
Laisser refroidir 10 min et démouler.
Lorsque le gâteau est complètement refroidi, recouvrir du glaçage au fromage à la crème.
Glaçage:
Battre ensemble le fromage à la crème et le beurre. Bien mélanger.
Ajouter le sucre à glacer et l'essence de vanille. Bien mélanger et glacer le gâteau.
Conserver au frigo.
C'est bon en ciboire!!
mardi 28 septembre 2010
Enchufate a lo sano
Los españoles ya saben (les espagnols le savent déjà).
Dans la région de Valencia, vaste cuvette aqueuse entre les montagnes et la mer, poussent avec succès et intensité 3 produits en particulier:
_ Les oranges. Ça ne surprendra personne: "un oranger sur le sol irlandais, on le ne verra jamais", mais il faut bien que ça pousse quelque part. Donc à Valence.
_ Le riz. Hé oui, de grandes rizières entourent Valencia. Pourquoi croyez-vous que c'est ici qu'on a inventé la paella?
_ La chufa. La quoi? La chufa (prononcez: tchoufa).
Quézaco?
La chufa est un tubercule, elle se forme donc au bout des racines de la plante, sous forme de petits pois, grands comme des cacahouètes. En français, on appelle cette plante "souchet" (dans la mesure où elle n'est pas cultivée en France, pourquoi lui donner un nom bien de chez nous, avec un beau -ou au début, et -et à la fin???) Ces tubercules sont ensuite accompagnés au moulin avec mille attentions affectueuses pour être écrasés. On ajoute trois litres d'eau pour un kg de pâte ainsi obtenue. On laisse macérer un moment, puis se succèdent les pressions et les filtrages. On rajoute de l'eau, puis 100 à 150g de sucre par litre, on filtre une dernière fois, et on conserve au frais.La horchata est le nom donné à la boisson qu'on obtient alors, blanc cassé, liquide comme du lait entier, servie très fraîche, avec ou sans glace pilée, avec ou sans "fartons" (des petits pains sucrés fabriqués spécialement pour donner la réplique à la horchata).
Les valenciens en boivent souvent, et le reste de la Catalogne a fini par se laisser convaincre par ce breuvage flatteur pour les papilles et la santé.
En effet, c'est une boisson rafraîchissante, hydratante, nourrissante et très saine, pleine de potassium, calcium, fer, magnésium, etc...
On dit même qu'elle est riche en or: la légende voudrait que le nom "horchata" vienne d'une conversation qu'eut Jacques Ier d'Aragon avec une jeune péquenaude qui lui en offrit un verre.
"_ Que es aixo? (c'est quoi ça?) interrogea le souverain
_ Du lait de chufa. Répondit la maraude."
Dans un élan d'enthousiasme, le roi se serait écrié: "Aixo no es llet, aixo es or, xata" (ça c'est pas du lait, c'est de l'or, fillette!)
L'enthousiasme des rois étant plus fertile que celui des gueux, le nom serait resté: "or xata -->horchata (x catalan : tch espagnol).
Quand j'étais arrivée à Valencia en septembre 2006, il m'avait fallu peu de temps pour découvrir cette boisson ainsi que la meilleure horchateria de la ville: une grande salle bruyante au bout du quartier des pêcheurs, au bord des champs, remplie en permanence d'enfants et de retraités. Chaque retour à Valencia fut agrémenté d'un ou deux passages à la horchateria. Mais depuis plus d'un an, pas d'Espagne, pas de Valencia, pas de horchata. La canicule me parut encore plus caniculaire à Hradec Kralove, et assise devant des milk-skake en poudre délayés dans du lait froid, je soupirais du fond de l'âme au bout de la langue en pensant à la fraîche horchata qui rend anecdotique l'ascension du thermomètre.
Aaaaaaaah! qu'il est doux et désaltérant l'inespéré verre de horchata de Perpignan! Ah! qu'elle est douce et généreuse la belle et orgueilleuse Catalogne à la quelle je le dois!
Voilà, à bon entendeur: quelques euros pour un
verre d'or, fillette!
Article documenté par l'article de Wikipédia sur la horchata:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Horchata_de_chufa
vendredi 30 avril 2010
Graine power
Dans une poêle à feu moyen mettez une poignée de fruits secs: graines de sésame, citrouille, tournesol, noix, noix de cajou, noisettes, raisins secs, ... et laissez dorer franchement, avant de verser encore chaud et craquant sur le plat de votre choix.
Ça vous ouvrira des horizons.
mardi 13 avril 2010
1 minute de calme
Ingrédients:
_ Un grand verre de lait demi-écrémé
_ un demi verre d'eau
_ Un demi-verre de poudre de lait de coco
_ 2 sachets de sucre vanillé
_ 6 graines de cardamone
_ 1/2 cuillerée à café d'agar-agar en poudre
Préparation:
Dans une casserole à feu moyen, mettez le lait, l'eau, le sucre, les graines de cardamone. Pendant que ça chauffe, versez progressivement la poudre de lait de coco en battant le mélange au fouet.
Quand le mélange bout, ajoutez l'agar-agar, battez bien fort et laissez bouillir une ou deux minutes, puis sortez du feu. Versez le mélange dans des ramequins. Faites en sorte qu'il y ait au moins une graine de cardamone par ramequin.
Laissez refroidir. Laissez passer une nuit dans le frigo.
Consommez froid, les yeux fermés, et en silence.
dimanche 24 janvier 2010
Un sleep on the pillow, plize!

Rien ne couronne mieux un soir d'hiver qui se passe de commentaires qu'une très bonne nuit de sommeil. Pour ce faire:
1/2 verre de lait que vous passez au micro-onde
Dans un shaker:
1/2 tasse de lait
1/2 tasse de lait concentré demi-écrémé
1 c. à soupe d'eau de fleur d'oranger
1 c. à soupe de miel
1 goutte d'huile essentielle de citron (ou d'orange, ou de bergamote, selon ce que vous avez sous la main)
Shakez sans mollir pendant que le lait chauffe. Quand vous avez d'un côté le lait chaud et de l'autre le lait shaké, mélangez les deux, remuez un peu, buvez, et allez vous coucher sans plus de cérémonies.
samedi 7 novembre 2009
Samedi, c'est soupe aux orties
Non non, c'est pas une blague.
Pour 1 à 3 personnes:
_ Un bon gros bouquet d'orties fraîches et tendres
(_ Une paire de gants de jardinage, mais c'est pas pour les manger)
_ 1 oignon
_ 1 pomme
_ 1 pomme de terre (ou 1/4 de sachet de purée en flocons)
_ 1 c. à soupe de fromage à tartiner
_ 1 verre de lait
_ 1 c. à soupe de moutarde
_ sel, poivre
Comme vous êtes élégants dans votre tenue de scaphandrier!! Ce sera parfait pour aller arracher sauvagement les orties dans le fond du jardin.
Avec votre panier d'orties fraîche, rentrez chez vous, enlevez votre scaphandre, mais gardez vos gants (on se rend compte que Dark Vador part avec un avantage évident pour faire la soupe aux orties), et triez les orties: détachez les feuilles belles et tendres, et jetez les tiges et les feuilles sèches et moches.
Mettez de l'eau à bouillir. Pendant que l'eau chauffe rincez les orties, prenez la pomme, l'oignon et la pomme de terre, et faites leur un sort. Faite revenir les morceaux dans une poêle posée sur un feu vif, avec un peu d'huile.
Quand l'eau bout c'est qu'il est temps pour les orties de prendre un bain. Laissez-les dans la casserole couverte 3 minutes à feu violent. On appelle ça faire "blanchir" les orties. Au bout des trois minutes, sortez la casserole du feu, sortez les orties de la casserole. Vous pouvez vous amusez à récupérer le bouillon, parce que c'est un cocktail concentré de minéraux, et que dilué avec un peu d'eau d'eau froide, ça a un goût fade et végétal, rien de bien méchant. Entre nous, j'ouvre une parenthèse pour les citadins réticents qui pleurent leur mère à la simple évocation du mot "ortie": dès qu'on les fait cuire, l'acide formique, l'histamine, l'acétylcholine et la sérotonine qui irritent la peau partent rejoindre le paradis des méchants produits qui font mal et qui ne devraient pas exister si le monde était parfait.
Sortez le mixeur, et transformez moi ça en velouté. Quand le mélange est presque homogène, ajoutez la moutarde et mixez encore un coup.
Pour finir, quelques minutes de cuisson à feu moyen, et c'est partiiiiiiii!
Mangez chaud et sans attendre le printemps: c'est tout plein des bons minéraux que votre corps il a grave besoin pour que vous passiez un bon hiver douillettement blottis entre vos os et votre manteau.
lundi 11 mai 2009
"Lait-battu" mangue-chocolat
Mes enfants, il faut affiner vos papilles, la différence est évidente!!
Pour vous le prouver, voici une recette tout récemment testée de "lait-battu" à la mangue et au chocolat.
Pour ce faire il vous faut réunir:
_ Une mangue très mûre
_ Un verre de lait de vache ou de soja, ou de ce que vous voulez
_ Deux carreaux de chocolat noir de dégustation
Préparation:
(une fois encore, c'est trèèèèèès difficile, voire plus!!)
Peler la mangue. Couper la mangue grossièrement (inutile de répeter que le but n'est pas de l'insulter, elle passe déjà un assez mauvais quart d'heure comme ça), ajouter le lait et le chocolat.
Mixer jusqu'à obtenir une crème orange clair, avec de fines pépites de chocolat uniformément réparties.
Consommer sur un air de flammenco, à petites gorgées, les yeux perdus vers le lointain.
vendredi 1 mai 2009
"Lait battu" banane-vanille
_ Une banane bien mûre grossièrement coupée (grossièrement ne signifie pas que vous l'insultez en la coupant, mais que vous ne vous donnez pas la peine de faire de jolis petits morceaux très fins et réguliers)
_ Une grosse cuiller à soupe de glace à la vanille
_ Un demi-verre de lait
_ une cuiller à café de vanille liquide
Préparation:
Mettez tout les ingrédients dans un récipient étroit de préférence, et mixez jusqu'à obtenir une mixture homogène.
C'est la recette de base du "lait battu", et ça vous permet de briller à la fin du repas, ou au moment du goûter, en arrivant avec un grand verre crémeux et frais, que vous pouvez déguster lentement en parlant Yung et Kant, assis dans un rayon de soleil, auréolé de particules en vol...
vendredi 17 avril 2009
Au coin de la rue
Une foule de spectateurs émus regardait, avec force grognements d'estomac et commentaires olfactifs, des marmitons qui semblaient tout petits, munis de cuillers grandes comme eux, remuer les légumes et la viande.
S'il est une chose commune à tous les espagnols, c'est bien la mise en scène. Tous des enfants de Calderon de la Barca!
mercredi 15 avril 2009
Les pingouins de Murcia
Eve fait des miroirs, des tables, des arbres, des girafes, des oiseaux, et très prochainement, des lampes et des chevaux. A la voir faire, c'est très simple: il suffit d'ouvrir toujours les yeux dans la rue, et de repérer tous les objets abandonnés et récupérables qui traînent leur mélancolie de poubelle en poubelle: des tréteaux, des pieds de table, des tables, des chaises, des lampes, des planches, des carrés de carrelage... dès qu'on ouvre les yeux, on est étonnés de tout ce qui se promène en parfaite santé dans la rue.
Eve m'avait chargée de préparer de quoi aiguiser l'appétit des visiteurs (sans pour autant leur permettre de l'assouvir, parce que pour ça, y'a des restaurants ("pectopan" en russe, pour le très hypothétique russophone qui ne manquera pas de lire ce blog)!!!). Je cherchais donc des choses à grignoter ayant un rapport avec l'art d'Eve, qui est tout plein d'animaux et de couleurs.
Moi, je ne mange pas d'animaux, sauf un moucheron par ci par là, endormi dans le val entre deux feuilles de salade. Le moucheron du val.
Prenant la chose fort au sérieux, j'ai donc entreprit des recherches pour trouver comment manger des animaux sans manger de viande. J'ai interrogé Petinga, mais elle était occupée à répéter une scène de Croc Blanc avec Luna, celle ou Croc Blanc se bat avec un autre chien, et lui explose la jugulaire... Ah ben oui, c'est pour ça qu'il n'y pas d'enfants dans notre appartement: tout n'est pas rose et tendre!! J'ai donc laissé les jeunes s'amuser innocemment et me suis plantée en face de mon ordinateur, ce qui est la position constructive du sage moderne. Quelques sites internet plus tard, je suis tombée sur LA recette qui tombait à pic: les pingouins apéritifs.
Le pingouin apéritif se présente avec:
_ des pattes en carotte
_ un ventre en olive et en fromage à tartiner
_ une tête en olive et un bec en carotte
_ une colonne vertébrale en cure-dents.
Adorable. On en mangerait.
J'ai donc capturé des olives dans les rayons du mercadona, cultivé du fromage à tartiner, et piégé des carottes qui faisaient les malignes sur un étalage du marché... (J'aime autant vous dire qu'elle étaient moins fières en rondelles!!) et j'ai dressé une armée de pingouins. Ah! ils étaient beaux, mes fiers pingouins, prêts pour la bataille, la fleur au fusil, et l'oeil conquérant! C'était pas une armée de tafiottes, mes pingouins!!
La seule chose que je n'avais pas prévue, c'est que les pingouins, ça n'a pas l'habitude de voyager en voiture... Angel a fait tout ce qu'il a pu pour conduire suavemente, suavemente, mais quand on a sorti l'assiette, presque tous les pingouins avaient été malades, le bec dans l'eau, carrément! une bérézina de pingouins dans une assiette ikea...
J'ai fait savoir à mes troupes ce que je pensais de leur façon de résister à l'adversité, et quelques uns, dans un sursaut de dignité se sont remis au garde à vous. C'est bien dans les situations de crise que l'on fait la différence entre les braves, ceux qui ont le sens du devoir et de la persévérance, ceux qui ont du courage jusqu'au bout du bec de carotte, et ceux qui sont venus là juste parce qu'il y avait de la lumière, les touristes avec leur cure-dent tout de travers et du fromage qui dépasse sur l'olive...
Par la suite, je les ai gardés à l'œil, et ils voyaient bien que je ne tolérerais pas d'autre écart à la discipline, mais le moral des troupe était franchement entamé, et la fleur au fusil avait fait place à de sombres orties dans les quels ils auraient volontiers poussé mémé s'ils avaient eu des pattes avant, ce que je m'étais bien gardé de leur fournir.
Mes pingouins rongeaient leur frein.
Quoiqu'il en soit, deux semaines plus tard, nous avions depuis longtemps liquidé cette adorable armée de couards, et je n'y pensais plus, lorsque, revenant d'une course quelconque, je poussai la porte de ma chambre et trouvai, souriant sur mon bureau, un gros pingouin sur une banquise de polystyrène, surveillant une bougie dans un bougeoir en fleur. C'était un pingouin cadeau de Eve, en mémoire du pingouin inconnu mort bravement (ou pas) lors de la bataille du 30 mars 2009.
samedi 11 avril 2009
Pain perdu et retrouvé: le gâteau de pain
Ne jetez plus le pain dur, montrez au monde entier que vous avez plus de ressources qu'une poubelle!!
Gâteau de pain:
Ingrédients:
Entre 1/2 et 2/3 de saladier de pain dur, bien dur en morceau (brisez à la hache, à la massue, à la tronçonneuse s'il le faut)
4 ou 5 œufs
Entre 3/4 de L et 1L de lait
Du sucre
Des épices
Préparation:
Attention, c'est TRES TREEEEES difficile à faire comme gâteau!
Dans un saladier, battez les œufs avec le sucre (là, ça dépend de si vous aimez bien sucré ou juste un peu... je dirais que entre 1 tasse et 2 tasses, c'est raisonnable), ajoutez le lait en remuant toujours.
Ajoutez l'épice ou l'arôme de votre choix: cannelle, vanille, kirsch, cointreau, eau de fleur d'oranger, eau de roses, ... D'expérience, je peux vous dire que la vanille et la cannelle vont très bien.
Balancez le pain dur dans là dedans.
Laissez infuser au moins une heure, voire deux ou trois. Vaquez à vos occupations comme si de rien n'était, car, comme je l'ai appris récemment, ça ne va plus vite si on reste à regarder le pain tremper, ou l'eau bouillir... selon quelques spécialistes, ça va même moins vite... Allez savoir!
Si vous tenez absolument à faire quelque chose de plus parce que vous n'avez rien à faire chez vous, allumez le four à température assez basse ( entre 130° et 150°).
Deux ou trois heures plus tard, revenez silencieusement dans la cuisine, si vous avez de la chance, vous pourrez surprendre le pain en plein travail d'imbibation... ah, que c'est beau, le pain dur qui s'attendrit dans un bain sucré...
Sans faire de bruit, sortez le mixeur, branchez-le, et vlan, mettez fin d'une pression de doigts à cette tendre et primesautière scène d'amour culinaire.
Quand c'est bien mixé, versez la pâte dans un moule beurré ou recouvert de papier cuisson.
Mettez-moi ça dans le four, et plus vite que ça.
Laissez cuire entre 40 minutes et 1 heure. La pâte doit être très légèrement dorée sur le dessus, et ne pas coller à la lame du couteau si vous venez asticoter le gâteau pendant qu'il se dore la pilule.
Ce gâteau, moi je trouve qu'il est encore meilleur 2 ou 3 jours après, avec de la confiture, du sirop d'érable, du miel, de la compote...
Pourquoi le gâteau de pain? Pourquoi tant d'imprécisions dans les chiffres de cette recette? Mes petits agneaux gourmands, c'est parce que cette recette trouve son origine dans une tradition française. A l'époque où on n'avait pas les moyens de jeter tout ce qui restait sur la table à la fin du repas, on gardait le pain dans une huche, et le dimanche, quand le four était encore chaud d'avoir fait cuire tout le pain et tous les ragoûts de la semaine, on profitait du long rayonnement de la chaleur pour faire doucement cuire le gâteau de pain, dernier né de la fournée familiale dominicale. Pourquoi tant d'imprécisions? Parce que ce gâteau est aussi populaire que le conte du Petit Chaperon Rouge: chaque région, chaque famille en a une version différente, selon qu'on aime beaucoup le sucre, qu'on le veut compact, ou que...
A vous de trouver votre nuance personnelle du gâteau de pain, et vous verrez comme votre perception du monde et de vous même s'en trouvera épanouie... ou au moins, vos papilles et votre estomac.
lundi 9 mars 2009
Tarte à gueule (à la récré)
Pâte:
150g de farine
80g de beurre mou (mais pas fondu)
1/2 verre d'eau tiède
1 pincée de sel
1 c. à soupe de moutarde forte
Garniture:
4 ou 5 oignons
1 grosse pomme
2 c. à soupe de moutarde forte
1 buche de chèvre
1 c. à soupe d'huile d'olive
Préparation:
Pâte:
Mettre dans un saladier la farine et le sel. Ajouter le beurre coupé en dés, la moutarde, et une partie du demi verre d'eau. Mélanger de façon à obtenir le plus vite possible une pâte avant que le beurre n'ait fondu et qu'il ne se soit totalement mêlé au reste.
Lorsque vous avez une boule aux couleurs non-homogènes, posez la dans son saladier, et laissez la dormir une petite demi-heure au frigo.
Tarte:
Préchauffez votre four à 180°
Pendant que la pâte fait de beaux rêves, coupez les oignons (il n'est pas nécessaire de faire des morceaux très fins et petits), et jetez les sans un mot de politesse dans une poêle chaude avec l'huile.
Couvrez. Laissez cuire à feu moyen dix minutes un quart d'heure. Quart d'heure que vous mettrez à profit pour peler la pomme et la couper en fin quartiers.
Jetez un coup d'œil aux oignons, tournez si ça crame, salez et poivrez. Recouvrez. Vous ne les libèrerez de la cuisson que lorsqu'ils seront un peu bronzés et bien ramollis.
Une fois plus ou moins passée la demi-heure, allez réveiller la pâte, ne la malaxez pas. Sur une surface plane et propre, étalez une poignée de farine, puis posez la pâte que vous étendez avec un rouleau à pâtisserie (ou une bouteille de vin ou de bière vide, pour ceux qui lèvent plus souvent le coude qu'ils ne mettent la main à la pâte).
Au fond du plat, étalez une noisette de beurre, puis jetez un peu de farine, que vous répartissez sur l'ensemble de la surface en lui donnant de petites secousses.
Installez confortablement la pâte dans le plat, vérifiez qu'elle n'a pas de trous, et qu'elle est plus ou moins d'épaisseur égale partout.
Tartinez deux bonnes cuillers à soupe de moutarde directement sur la pâte, puis déposez artistiquement les quartiers de pomme.
Déposez alors délicatement le contenu de la poêle là-dessus, de façon homogène, et pour couronner le tout, coupez la bûche de chèvre en rondelles que vous répartissez sur toute la surface de la tarte. Si les bords de pâte sont élevés, repliez-les sur la garniture. Mais ça, c'est en option.
Au four. Entre 20 et 30 minutes (plutôt 30 que 20, mais ça dépend de comment vous voulez la pâte, le fromage et les oignons).
Se mange chaude ou tiède ou froide.
Une variante possible: ajouter des cerneaux de noix et/ou du miel.
Bon appétit!





